A propos des "Pièces jointes"

Ces "Pièces jointes" sont un complément au blog 1914-1918 : une correspondance de guerre où sont publiées les lettres échangées pendant la Première guerre mondiale entre Jean Médard et les siens, en particulier avec sa mère, Mathilde. (Pour toutes les informations sur Jean Médard, se reporter au blog de base).
On trouvera ici un article sur tous les amis ou camarades morts dont Jean évoque le souvenir. Pour chacun :
- sa fiche de "Mort pour la France" avec sa transcription (en bleu) ; toutes ces fiches proviennent du site Mémoire des hommes ;
- tous les textes de la correspondance et des mémoires de Jean Médard le concernant (en italiques) ;
- dans la mesure du possible, une notice biographique (dans un encadré).
Merci d'avance à tous ceux qui pourraient me communiquer des informations me permettant d'étoffer certains articles. (Mon adresse est dans le blog de base, sous l'onglet A propos du blog.)
Les articles sont publiés dans l'ordre des décès, les morts les plus anciens se trouvent donc en bas de la liste. Pour faciliter d'éventuelles recherches, vous trouverez sous la rubrique "INDEX" une liste alphabétique, avec un lien vers chaque article.

NB - Cette liste des "Morts pour la France" évoqués par Jean Médard est en cours de constitution. N'y figurent pour le moment que ceux morts avant 1918 (ou dont le nom n'est mentionné qu'avant 1918 dans les textes de Jean). Les notices consacrées aux morts de 1917 sont en cours de mise en ligne.

vendredi 26 juin 2015

Pierre SCHEURER (1887-1915)

SCHEURER
Pierre
Sous-lieutenant de réserve
152ème régiment d’infanterie
Classe : 1907
Recrutement : Épinal
Mort pour la France le 28 avril 1915
à l’ambulance 2/58 de Moosch (Haute Alsace)
des suites de ses blessures
Né le 18 octobre 1887
à Thann (Vosges) 

Tout mon esprit est occupé d’une famille d’ici, 2 fils tués à l’ennemi en 15 jours. Ce sont des industriels très généreux et actifs. La visite que j’ai faite hier m’a beaucoup impressionné : une énergie extraordinaire, déroutante, nette, consciente, avec une foi religieuse des plus vagues. Je dois faire le service demain, tu juges avec quelle anxiété.
(Albert Léo à Jean – 30 avril 1915) 

Avant-hier nous étions invités à déjeuner chez les Scheurer, le capitaine de Ronseray et moi. La neige, qui avait presque complètement disparu la veille sous la pluie chaude, était retombée très abondante pendant la nuit. De la salle à manger qui donne par une large baie sur la montagne, c’était éblouissant et féerique. Et dans ce cadre les hôtes qui sont toujours une leçon vivante de courage et de bonté. De Trévise était là. La conversation s’est égarée sur le terrain politique et dans la discussion Mr Scheurer a apporté de la droiture, de la fermeté, de la courtoisie, des vastes connaissances et une vaste intelligence. C’est épatant. Il y a très souvent diversité de vue entre ses hôtes et lui, car ses hôtes, quand ce sont des militaires de carrière, sont réactionnaires, et lui est un républicain convaincu, frère de Scheurer-Kestner, président du Sénat et défenseur de Dreyfus.
(Jean à sa mère – 10 janvier 1918)
 

 
Pierre et Daniel Scheurer étaient les fils de Jules Scheurer (1852-1942) et de Marie-Anne Dollfus (1863-1942). Les Scheurer avaient aussi une fille. Jules Scheurer était un industriel du textile. Entre 1920 et 1927, il a été sénateur du Haut-Rhin.
Dans sa lettre à Jean du 30 avril 1915, Albert Léo ne cite pas le nom des Scheurer, ni bien sûr – censure oblige – l’endroit où il se trouve.  
Mais lorsque les hasards de la guerre amèneront le 132ème R.I. à Thann, en Alsace, Jean lui aussi sera très fréquemment leur hôte (il mentionne, entre juin 1917 et janvier 1918, une quarantaine de visites !). Dans ses lettres à sa mère, il parle d’eux avec admiration et affection, mais toujours de manière très brève, sauf dans sa lettre du 10 janvier 1918, citée ci-dessus.
 
HF (01/07/2015)