A propos des "Pièces jointes"

Ces "Pièces jointes" sont un complément au blog 1914-1918 : une correspondance de guerre où sont publiées les lettres échangées pendant la Première guerre mondiale entre Jean Médard et les siens, en particulier avec sa mère, Mathilde. (Pour toutes les informations sur Jean Médard, se reporter au blog de base).
On trouvera ici un article sur tous les amis ou camarades morts dont Jean évoque le souvenir. Pour chacun :
- sa fiche de "Mort pour la France" avec sa transcription (en bleu) ; toutes ces fiches proviennent du site Mémoire des hommes ;
- tous les textes de la correspondance et des mémoires de Jean Médard le concernant (en italiques) ;
- dans la mesure du possible, une notice biographique (dans un encadré).
Merci d'avance à tous ceux qui pourraient me communiquer des informations me permettant d'étoffer certains articles. (Mon adresse est dans le blog de base, sous l'onglet A propos du blog.)
Les articles sont publiés dans l'ordre des décès, les morts les plus anciens se trouvent donc en bas de la liste. Pour faciliter d'éventuelles recherches, vous trouverez sous la rubrique "INDEX" une liste alphabétique, avec un lien vers chaque article.

NB - Cette liste des "Morts pour la France" évoqués par Jean Médard est en cours de constitution. N'y figurent pour le moment que ceux morts avant 1918 (ou dont le nom n'est mentionné qu'avant 1918 dans les textes de Jean). Les notices consacrées aux morts de 1917 sont en cours de mise en ligne.

mardi 24 janvier 2017

Paul OUVIER (1889-1917)


OUVIER
Pierre Paul
2ème classe
34ème colonial
Classe : 1909
Recrutement : Avignon
Mort pour la France le 16 mai 1917
à Monastir (Serbie)
Disparu
Né le 26 mars 1889
à Venasque (Vaucluse)
 916)sa mère - 19/

Hier je t’ai quitté pour prendre le départ des permissionnaires. Mon ordonnance [Ouvier] partait ; son tour a été avancé, sa sœur étant très malade 24 heures avant son départ il choisit un remplaçant et il lui « passe les consignes ». C’est assez amusant.
(Jean à sa mère – 22 juin 1916) 



Mon ordonnance m’écrit qu’en arrivant chez lui, il a appris outre la mort de sa sœur, celle d’un frère et d’un beau-frère.
(Jean à sa mère – 3 juillet 1916)
 
           C’est donc par la mort de son frère qu’on en apprend plus sur l’ordonnance de Jean et sur sa famille.

Paul OUVIER (1885-1917) 

            Un relevé du monument aux morts de Venasque, trouvé en ligne sur Mémorial GenWeb, indique que le prénom usuel de « Pierre Paul Ouvier » était Paul.
            Paul Ouvier était le fils de Pierre Joseph Ouvier, cultivateur, âgé de 37 ans et de son épouse Marie Appolonie Verger, sans profession, âgée de 30 ans. Paul Ouvier, comme son père, était cultivateur. Sa fiche matricule ne mentionne pas de mariage.
            En 1911, il avait été exempté « pour faiblesse générale et définitive ». Mais en décembre 1914, le conseil de révision l’avait déclaré « bon pour le service armé » et affecté au 4ème régiment d’infanterie coloniale.  
            Sa fiche matricule n’apporte aucune information complémentaire à celles figurant sur sa fiche de « Mort pour la France » : il a disparu le 26 mars 1916 à Monastir, en Serbie, et a été déclaré mort le même jour. 
 

X, beau-frère de Paul et Léon Ouvier (?-1917)

Rappel de la lettre de Jean « Mon ordonnance m’écrit qu’en arrivant chez lui, il a appris outre la mort de sa sœur, celle d’un frère et d’un beau-frère. ».
A ce jour, sauf à mener une enquête à Venasque où, nous apprend internet, demeurent encore plusieurs Ouvier, aucune piste pour connaître l’identité de ce beau-frère.
  

Léon Ouvier, 58ème, 106ème puis 132ème R.I. (1885- ?)
  
Léon Ouvier a été l’ordonnance de Jean de mars 1916 jusqu’à la fin de la guerre. Son prénom n’est jamais mentionné (c’est d’ailleurs le cas pour quasiment tous les autres camarades dont parle Jean), l’usage était d’utiliser le patronyme.
Jean écrit simplement, dans ses mémoires : « Je prends comme ordonnance un paysan du Vaucluse, Ouvier, un ancien « écusson jaune » un petit méridional maigre avec une figure de vieille femme et un accent bien tassé. Il sera pour moi jusqu’à la démobilisation le dévouement personnifié. » 
            C’est donc uniquement « grâce » à la mort de son frère qu’on en apprend plus sur Léon Ouvier. La fiche MPF de Paul Ouvier nous indique en effet qu’il est né à Venasque, or les archives du Vaucluse sont en ligne et la table décennale nous apprend que quatre garçons Ouvier sont nés à Venasque entre 1882 et 1893. L’un est Paul Ouvier, le disparu de Monastir. Deux autres sont ses frères.

Le plus âgé, né le 15 mars 1885, est l’ordonnance de Jean. Il se prénomme Pierre Léon, on peut supposer que, comme pour son jeune frère, le deuxième prénom était son prénom usuel. Il est effectivement petit (1,56 m). Et surtout, comme le dit Jean dans la lettre du 19 mars 1916 où il annonce à sa mère qu’il a une nouvelle ordonnance, il est, comme Jean, passé par le 58ème R.I. avant d’arriver au 132.
           Léon Ouvier a été blessé trois fois (en septembre 14, novembre 14 et le 27 mars 1915, donc quelques jours après Jean.
Jean le mentionne à plusieurs reprises dans sa correspondance. Il fait partie du petit monde familier de la « popote » des officiers du 2ème bataillon. Il soigne Jean « avec tendresse » quand il est alité en janvier 17.
Léon Ouvier a reçu la croix de guerre en août 1917. Curieusement, Jean n’en parle pas dans sa correspondance. Peut-être Ouvier était-il resté au régiment pendant les quelques mois où Jean a été détaché à l’infanterie divisionnaire.
 Fin octobre 1918, Jean écrit à sa mère qu’Ouvier est évacué pour cause de grippe espagnole, ce que l’on retrouve sur sa fiche matricule, qui mentionne aussi son retour le 12 décembre. Mais il sera ensuite évacué définitivement en février 1919. 


HF (21/01/2017) 

Source : archives départementales du Vaucluse en ligne