A propos des "Pièces jointes"

Ces "Pièces jointes" sont un complément au blog 1914-1918 : une correspondance de guerre où sont publiées les lettres échangées pendant la Première guerre mondiale entre Jean Médard et les siens, en particulier avec sa mère, Mathilde. (Pour toutes les informations sur Jean Médard, se reporter au blog de base).
On trouvera ici un article sur tous les amis ou camarades morts dont Jean évoque le souvenir. Pour chacun :
- sa fiche de "Mort pour la France" avec sa transcription (en bleu) ; toutes ces fiches proviennent du site Mémoire des hommes ;
- tous les textes de la correspondance et des mémoires de Jean Médard le concernant (en italiques) ;
- dans la mesure du possible, une notice biographique (dans un encadré).
Merci d'avance à tous ceux qui pourraient me communiquer des informations me permettant d'étoffer certains articles. (Mon adresse est dans le blog de base, sous l'onglet A propos du blog.)
Les articles sont publiés dans l'ordre des décès, les morts les plus anciens se trouvent donc en bas de la liste. Pour faciliter d'éventuelles recherches, vous trouverez sous la rubrique "INDEX" une liste alphabétique, avec un lien vers chaque article.

NB - Cette liste des "Morts pour la France" évoqués par Jean Médard est en cours de constitution. N'y figurent pour le moment que ceux morts avant 1918 (ou dont le nom n'est mentionné qu'avant 1918 dans les textes de Jean). Les notices consacrées aux morts de 1917 sont en cours de mise en ligne.

vendredi 24 juillet 2015

Maurice WARNERY (1894-1916)

WARNERY
Maurice Lucien
Médecin auxiliaire
3ème RTA tirailleurs indigènes
Classe 1914
Recrutement : Montpellier
Mort pour la France le 15 novembre 1916
à fontaine Routon, commune de Souhesmes (Meuse), ambulance 12/20
Blessures de guerre
Né le 22 janvier 1894
à Montpellier (Hérault)

Encore le deuil des Warnery ! J. [Jean] Lichtenstein m’en avait parlé.
(Jean à sa mère – 8 décembre 1916)

Papa et maman avaient, je crois 24 parents à la guerre, entre frères, beaux-frères et cousins. Je les connaissais tous personnellement et la mort de plusieurs me peina beaucoup, en particulier celle de Maurice Warnery que j'aimais bien et celle de Gaston Dautheville, tout jeune marié qui ne connut jamais sa petite fille.
(Mémoires d’Huguette Roux)

             Maurice Warnery était un cousin éloigné de Jean, sa mère étant une demoiselle Leenhardt.


   
   Condensé d’un texte écrit par Gilles Morlock* . 
   
Maurice Warnery naît le 22 janvier 1894 à Montpellier de Charles Warnery, négociant en vin à Sète et de Marthe Leenhardt. Maurice est le cinquième d’une fratrie de huit enfants nés entre 1886 et 1903. La famille demeure 27 cours Gambetta à Montpellier.

Il passe son  baccalauréat en juillet 1911 et s’inscrit à la faculté de médecine de Montpellier. Il fait partie de l’Association des Étudiants Chrétiens.
Maurice obtient une licence ès-sciences, est nommé externe des hôpitaux de Montpellier au concours de 1913, et devient membre de la Société des Sciences Médicales et Biologiques de Montpellier en 1914. Les 2 et 4 juillet 1914, il passe avec succès les épreuves de l’examen d’anatomie générale. Ce premier examen de médecine sera le dernier.
Maurice Warnery en novembre 1916
(Collection Jérôme Warnery)

En effet, la guerre vient interrompre ce parcours si prometteur. Il est incorporé le 1er septembre 1914 comme soldat de 2ème classe, au service combattant de la 16ème section d’infirmiers militaires à Perpignan. Nommé médecin auxiliaire le 21 mai 1915, il passe le 17 juin 1915 au 4ème bataillon du 3ème régiment de tirailleurs algériens, dont il va partager tous les dangers.
Soutenu par une foi religieuse profonde, Maurice va participer à la deuxième bataille de Champagne, dans les très durs combats de l’attaque du 25 septembre 1915 en direction du bois Raquette et de l’épine de Védégrange.    
Il écrit sur son carnet de route, le 25 septembre 1915 : « 8 heures du matin. – Dans une heure il faut sortir : les marmites tapent dur et mes pensées s’envolent très calmes vers la maison paternelle où nous avons déjà connu tant de joies et vers Dieu à qui je demande de me donner le courage de faire tout mon devoir. »  Le lendemain, il écrit : « Je reprends ma plume pour remercier Dieu, d’abord de m’avoir protégé, car j’ai chargé avec mon bataillon ; et malheureusement il a été touché […] J’ai vécu les heures les plus belles, mais peut-être les plus tragiques et les plus angoissantes de ma vie.»  C’est dans ces circonstances très risquées, son régiment essuyant de lourdes pertes, que Maurice Warnery obtient sa première citation.
En février 1916, le régiment rejoint la région de Verdun où Maurice Warnery est blessé et obtient sa deuxième citation « […] le médecin auxiliaire Warnery blessé à la jambe par un éclat d’obus, s’est fait panser et a énergiquement refusé la fiche d’évacuation que lui délivrait le médecin-chef, déclarant que la situation s’opposait à toute diminution du personnel médical. A continué à donner ses soins aux blessés sous un feu violent […] » 
C’est au cours d’un quatrième séjour à Verdun que s’achève la vie trop brève de Maurice Warnery. Le 14 novembre, il est à nouveau blessé par un éclat d’obus, cette fois-ci mortellement. Conduit à l’ambulance 12/20 du centre hospitalier de Fontaine Routon, à Souhesmes (Meuse),  il  reçoit le jour même la croix de guerre avec palme et la médaille militaire en même temps que sa quatrième citation à l’ordre de l’armée.

Maurice Warnery  meurt des suites de ses blessures le 15 novembre 1916, à l’âge de 22 ans, faisant l’admiration de ses camarades et de ses supérieurs, ce qu’exprime le témoignage de son chef de corps : « Sa bravoure et son entrain dans les moments les plus critiques étaient devenus légendaires dans le régiment. » Maurice Warnery est inhumé initialement au cimetière militaire de  Souhesmes.
L'annonce de sa mort eut un retentissement important à Montpellier, éprouvant les familles Warnery, Leenhardt et Castelnau, et soulevant l'émotion de ses maîtres et condisciples de la faculté de médecine. Il est transféré et inhumé au cimetière protestant de Montpellier en mai 1922.
Sa mémoire est honorée sur plusieurs monuments aux morts (cimetière protestant de Montpellier, faculté de médecine de Montpellier), dans le tableau d'honneur de L'Illustration, le livre d’or du lycée de Montpellier, le livre d’or des médecins morts pour la patrie, la revue  Le Semeur et dans chacune des éditions du Bulletin de la société des sciences médicales et biologiques de Montpellier et du Languedoc méditerranéen.
Remerciements : Marie-Claude Barjon-Giraud, Eric Bosc, Jean-Luc Dron, Alain Dubois, Pierre Leccia,  Cyril Leenhardt, Jean Palatan, Frédéric Radet, Jean Riotte, Francine Sauter, Alain Sauvaget, Jérôme Warnery.
Gilles Morlock 
* Gilles Morlock, ancien interne des hôpitaux de Montpellier, ancien chef de clinique à la faculté, médecin honoraire des hôpitaux a rédigé les notices biographiques d’hommage aux médecins et étudiants de la faculté de médecine de Montpellier morts pour la France pendant la guerre de 1914-1918.