A propos des "Pièces jointes"

Ces "Pièces jointes" sont un complément au blog 1914-1918 : une correspondance de guerre où sont publiées les lettres échangées pendant la Première guerre mondiale entre Jean Médard et les siens, en particulier avec sa mère, Mathilde. (Pour toutes les informations sur Jean Médard, se reporter au blog de base).
On trouvera ici un article sur tous les amis ou camarades morts dont Jean évoque le souvenir. Pour chacun :
- sa fiche de "Mort pour la France" avec sa transcription (en bleu) ; toutes ces fiches proviennent du site Mémoire des hommes ;
- tous les textes de la correspondance et des mémoires de Jean Médard le concernant (en italiques) ;
- dans la mesure du possible, une notice biographique (dans un encadré).
Merci d'avance à tous ceux qui pourraient me communiquer des informations me permettant d'étoffer certains articles. (Mon adresse est dans le blog de base, sous l'onglet A propos du blog.)
Les articles sont publiés dans l'ordre des décès, les morts les plus anciens se trouvent donc en bas de la liste. Pour faciliter d'éventuelles recherches, vous trouverez sous la rubrique "INDEX" une liste alphabétique, avec un lien vers chaque article.

NB - Cette liste des "Morts pour la France" évoqués par Jean Médard est en cours de constitution. N'y figurent pour le moment que ceux morts avant 1918 (ou dont le nom n'est mentionné qu'avant 1918 dans les textes de Jean). Les notices consacrées aux morts de 1917 sont en cours de mise en ligne.

samedi 27 juin 2015

Alfred CASALIS (1896-1915)


CASALIS
Alfred Eugène
soldat
7ème régiment d’infanterie
Classe : 1916
Recrutement : Seine 4ème bureau
Mort pour la France le 9  mai 1915
à Roclincourt (Pas-de-Calais)
Tué à l’ennemi
Né le 24 février 1896
à Morya Basutoland (Compagnie du Cap)

         J’ai lu un recueil des lettres d’A. Casalis, jeune étudiant de Montauban, tué il y a un an, en Artois. J’ai vu raconté là en toute simplicité le Montauban que je connais, les impressions de caserne, l’impression de guerre d’un jeune qui était un grand.
(Jean à sa mère - 7 avril 1916)







 
            Alfred Casalis était le fils d’Alfred Casalis (1862-1950) missionnaire en Afrique du Sud et de Caroline Amy Bost (1862-1956). Il était le petit-neveu de John Bost, fondateur au milieu du 19ème des Asiles de La Force (en Dordogne).
Jean et son ami Albert Léo avait visité les asiles avant-guerre. « Tu te rappelles La Force ! les bonnes journées ! » écrit Léo à Jean le 1er juin 1915.  
Cette visite est d’ailleurs évoquée par Jean dans ses mémoires : « Léo m’avait écrit : ‘’Il faut voir les asiles. On descend chez les Henri Bost. C’est la maison du bon Dieu’’. En effet nous avons été reçus à bras ouverts par les Bost, cinq ou six étudiants et moi. La visite des asiles a été pour moi la révélation du "mariage du ciel et de l’enfer" l’enfer des misères humaines les plus horribles et les plus repoussantes assumées par un amour surnaturel. ».
La fondation John Bost fonctionne encore de nos jours, toujours implantée à La Force.
 
HF (17/12/2016)
 
Source pour les informations généalogiques : Généanet, arbre de Philippe Bourelly.
 

 

 Source pour cette notice biographique : SCOUTOPEDIA
 

Alfred-Eugène Casalis (24 février 1896 – 9 mai 1915) est le fondateur de la troupe UCJG (Union chrétienne des jeunes gens) de Montauban en 1913. Engagé volontaire, il tombe au champ d’honneur à 19 ans.

Un jeune chef, un jeune soldat

Alfred-Eugène Casalis, naît le 24 février 1896 à Morija, dans le pays des Bassoutos en Afrique du sud où ses parents sont missionnaires, son grand-père l’était aussi. Il regagne la France en 1906 pour ses études. Il entre au lycée Voltaire avec ses deux frères, André et Henri. Ils intègrent la section cadette des UCJG du Faubourg-Saint-Antoine. En 1909, il passe une année scolaire en Allemagne, à Koenigsfeld, dans un collège des Frères Moraves. En 1911, il fait certainement partie des premiers éclaireurs de la troupe du Faubourg-Saint-Antoine. En 1912, il obtient son baccalauréat et entre à la Faculté de théologie de Montauban. Il se destine lui aussi à exercer le ministère de missionnaire. Dès son arrivée à Montauban, et bien qu’il n’ait que 17 ans, « il met tout son cœur et tout son zèle à organiser une section éclaireurs unionistes ». Il fonde pour cela une section cadette des UCJG. Il s'occupe également des enfants de l'école du dimanche. Tout le monde remarque « sa maturité d’esprit et d’âme ». En avril 1913 la fondation de la troupe est annoncée dans l’Espérance et le 30 novembre 1913, elle est officiellement affiliée aux Éclaireurs Unionistes de France sous le n° 53. À peine quelques mois plus tard, en août 1914, la guerre éclate comme un coup de tonnerre, c’est la mobilisation générale. Alfred Casalis est encore trop jeune pour être mobilisé, mais voyant sa patrie envahie et en danger, il décide de devancer son appel. Il l'annonce à ses parents le 5 novembre 1914. L'idée de laisser les autres se battre sans ne rien faire lui est insupportable. Fait rare à cette époque, il ne tient aucun propos haineux envers les Allemands. Il les connaît bien. Il les a fréquentés de près en 1909. Ses lettres n'expriment pas des ardeurs guerrières et ne font pas preuve non plus d'exaltation patriotique. Au contraire, elles témoignent de sa sympathie pour les opinions pacifistes, mais il constate que pour l'heure le combat est inévitable et qu'il ne peut y déroger. Il espère seulement que le conflit permettra une prise de conscience pour transformer la société vers plus de justice sociale.

En janvier 1915, conformément à sa demande, il est incorporé au 7e régiment d'infanterie de ligne (7e RI) à la caserne de Castelsarrasin. Il fait ses classes, mais on remarque ses qualités et on lui propose de faire l'école des officiers. Après un moment d'hésitation, il décline la proposition. Il ne souhaite pas retarder son départ pour le front. Le 25 février, il se porte au contraire volontaire pour un départ anticipé pour le front comme simple soldat, mais les vaccins le font tomber malade. Quand il se rétablit enfin, on lui donne trois jours de permission (11 au 14 mars). Il en profite pour monter à Paris. Il embrasse ses parents pour la dernière fois. Le soir du 7 avril 1915, c'est le départ pour le front. Il prend le train avec son régiment. Après un long périple, le 30 avril, il arrive enfin à Arras, en Artois, où se prépare une offensive française.

Le 2 mai, il monte en première ligne dans le secteur de Roclincourt. Il subit son baptême du feu. Le 5 mai, il prend position dans les tranchées d’assaut. Devant l'imminence de l'attaque et la violence des bombardements, il ne se fait guère d'illusion. Il écrit son testament que l’on retrouvera sur lui : « Si je suis tué, écrit-il, je voudrais que tous mes amis, tous ceux qui vivent avec moi à tout instant et dont le cœur bat avec le mien puissent redire la parole de notre espérance : Parce que je vis, vous vivrez aussi ». Dans la matinée du 9 mai 1915, il monte à l’attaque, baïonnette au canon. Le soir, il manque à l’appel et il est porté disparu. On le signale à ses parents qui écrivent à son commandant Charles Schmuckel pour avoir plus d'informations, mais celui-ci, en plein cœur des combats, ne peut en savoir plus. Il les informe seulement que "les camarades de votre fils sont partis à l'assaut avec un entrain qui nous a valu les remerciements du Colonel commandant la brigade, et ont chargé héroïquement, contre toute chance, contre un ennemi formidablement retranché qu'il fallait à tout prix retenir, pour permettre les succès que vous avez appris. Par trois fois nous sommes repartis pour l'Honneur et pour la Patrie". Peu après, le commandant Schmuckel est tué à tour. Mais ses parents gardent espoir, ils espèrent que leur fils a été fait prisonnier. Finalement, le 17 mai, ils reçoivent une lettre d'un camarade de leur fils qui leur annonce que "Alfred-Eugène Casalis, votre fils et mon ami, est mort. Courageusement, il s'est élancé, dans la matinée du 9 mai, à l'assaut des tranchées allemandes, et les balles, qui ne choisissent pas entre les bons et les mauvais, l'ont brutalement fauché". Il indique également : " j'ai cherché à savoir ce qu'était devenu le corps d'Alfred [...] j'ai appris qu'il avait été mis dans une fosse commune, creusée sur le champ de bataille, près de l'endroit où il était tombé". Par la suite Alfred Casalis fut ré-enterré, dans un cimetière militaire sur la commune de Roclincourt où sa tombe doit exister encore.

Création de l’article : Gautier